L’évolution des techniques de vinification, de mise en bouteille, de stockage, de commercialisation et de consommation a profondément modifié le paysage du passé.
• Abandon du Quai des Chartrons pour disposer de plus de place et d’une organisation plus rationnelle et fonctionnelle de la logistique (nécessité de proximité des liaisons routières : la route a pris le pas sur le port de Bordeaux).
• Les investissements très importants liés aux équipements modernes de vinification et de traitement des vins, à leur assemblage et stockage en cuves inox à température autorégulée, leur mise en bouteilles par chaînes automatisées, ont amené les entreprises à se restructurer et à se spécialiser dans divers savoir-faire particuliers.
• Le développement de la Grande Distribution, notamment, a nécessité une adaptation très spécifique des entreprises. Seules, celles qui ont été capables de suivre les cahiers des charges extrêmement rigoureux de cette clientèle exigeante, en terme de quantité et de délai de livraison, de qualité et de prix ont pu se positionner et se maintenir sur ce marché qui représente à ce jour 70 à 80% de la consommation à domicile.
• La mise en bouteilles au château, de plus en plus recherchée par les consommateurs et poussée par les producteurs comme garantie d’authenticité du produit, a amené beaucoup de négociants à se spécialiser dans ce métier de « Négoce Distributeur » de vins de châteaux.
Si les Grands Crus ont pu et su s’équiper correctement pour assurer dans les meilleures conditions l’élevage et la mise en bouteille, il n’en est pas toujours de même de la part de propriétaires plus modestes qui, tout en étant d’excellents viticulteurs, n’ont ni le temps ni les moyens financiers ni la connaissance suffisante pour mener à bien ces opérations dans de bonnes conditions. Certains négociants ont ainsi développé des partenariats extrêmement intelligents et bénéfiques avec des propriétés, de manière à apporter sur place aux viticulteurs leur savoir-faire.
Celui-ci peut se traduire par des mises en bouteilles réalisées sur place, par et sous le contrôle du négociant, mais cette collaboration peut aussi remonter beaucoup plus loin en amont : certaines Maisons envoyant leurs oenologues à la propriété pour participer et même prendre en main les vinifications.
• Sans négliger l’activité de Négoce Distributeur, d’autres négociants poursuivent, comme autrefois, et parallèlement à la diffusion de vins mis en bouteille au château, une activité de « Négoce Eleveur », en achetant des vins en vrac à la propriété (plus de 50% des transactions entre Propriété et Négoce sont encore réalisés en vrac). Une fois assemblés et élevés dans leurs chais, ces Maisons mettent les vins en bouteilles sous leur propre Marque.
On dénombre environ 300 Marques de vins du Négoce de Bordeaux à travers lesquelles les négociants engagent leur signature sur la qualité des produits mis en marché. Mais une véritable stratégie de vins de Marque est extrêmement coûteuse en terme d’investissement promotionnel et seules quelques grandes entreprises peuvent y parvenir.
• Beaucoup de Maisons de Négoce commercialisent encore leurs vins à travers les circuits dits traditionnels : des grossistes ou des détaillants, et certains se spécialisent dans la clientèle CHR qui représente à elle seule 30 à 40% de la commercialisation des Vins de Bordeaux sur le marché national.
• Enfin, certains négociants se sont aussi spécialisés dans des formules nouvelles et modernes de commercialisation comme la VPC ou même Internet.